La première
fois que René prit l’avion il s’était étonné
de ce que les passagers applaudissent et se signent une fois l’avion
immobilisé sur la piste. Installé pour un vol intercontinental,
il ne s’émut pas de la prière défilant sur
l’écran vidéo. En voyage, il s’efforçait
généralement de ne pas s’endormir. Mais vue la longueur
du trajet et les chances à peu près nulles d’apercevoir
quoi que ce soit du payage (la découpe de l’Inde devinée
par la hublot exeptée) il s’y résolut, colla en double
l’adhésif pour être sûr d’être réveillé.
Moins pour se restaurer que pouvoir, de nouveau, s’éveiller.
Bien conscient, à l’instar du poête, de l‘audace
dont fait preuve celui qui s’endort. |