Asteur avait d’autres soucis. Il prisait maintenant une sorte de carapace d’où pendouillait une poche en caoutchouc souple, tenue en suspension par un homme serrant en son poing un embout buccal relié à la coque par deux tuyeaux annelés. Asteur sous-entendait la présence de l’appareil sur certains théâtres opérationnels marqués du sceau “secret défense”, à un point tel qu’aujourd’hui encore nul n’en soupçonnait l’existence, exeptés, bien sûr, ceux qui les avaient jugées indispensables, ceux qui les planifièrent et ceux qui les exécutèrent. Peu de monde en vérité. Mais suffisamment pour qu’une personne avisée (clin d’œil) puisse récolter quelques bribes d’informations (double clin d’œil). De celles qui font rouler les têtes, si divulguées. Asteur n’alla pas, évidemment, jusqu’à prononcer des noms. Maître de l’allusion il se contenta d’effleurer la révélation, d’émettre la possibilité que. Très XIXème en son genre, siècle où la mode vestimentaire féminine savait attiser la convoitise au moyen de la dissimulation. Pour alourdir son propos sans fournir le moindre
détail et destabiliser le client, le brocanteur effectua brusquement
une embardée dans le domaine pur et simple de l‘aventure
: avec l‘Oxyger 55 on récupérait sans risque les
trésors de Rakam, ceux de la veuve Mao et des conquistadors.
Il omettait cependant de préciser qu’ils devaient reposer
à une profondeur n’exédant pas 7 mètres.
Au-delà, l’intoxication par oxygène menaçait,
autrement dit, l’accident hyperoxyque, la crise épileptique
sous-marine. Se méfier de la sournoise hypercapnie. La noyade
n’était pas exclue. Il préféra insister sur
l’avantage indéniable de système respiratoire à
circuit fermé : l’absence de bulles. Le plongeur n’avait
d’autre soucis que de localiser l’épave convoitée
et de remplir sa musette de doublons. Nul en surface ne soupçonnerait
sa présence. Rhin, Seine... Après des mois en terres sèches, retrouverais-je l’élément liquide?
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