En sortant du village, ce fut au détour d’un chemin poussiéreux longeant des parcelles de cassave dans lesquelles des femmes extirpaient les turbercules. Il n’est pas toujours donné au voyageur, malgré ses efforts de se fondre dans le paysage qu’il parcourt, discret certes, mais pas au point d’être invisible, marchant durant des heures à travers les cambrousses, randonnant d’une surprise végétale à une découverte minérale ou, plus rarement, animale. Crinoline rose, visage blanchi au kaolin, bassine balançant sur le kashire en feuilles de palme pressées, la gamine me croisa lentement, souriante, me laissant avec l’impression de m’avoir traversé...
[Extrait du journal de M. Crépon].