Alors seul sur l’étagère,
il appartenait à la ménagerie (ou bestiaire) des souvenirs,
plus précisément à un groupe composés de trois
individus, de taille différente, représentant une famille
ou les âges de la vie, croissant ou décroissant. Où
étaient les autres? Lucien ne proposa pas de réponse, pas
plus que Mireille ne chercha à les localiser. Ils acceptaient le
nomadisme des choses, la migration des matières, les désertions,
les défections. Par sa constance, le mouvement fluctuant règlant
la présence ou l’absence de tel ou tel objet, les empêchaient
de trop s’inquiéter d’un côté, de ne pas
assez s’étonner de l’autre. |