Visas de transit, visas touristiques, regarde-t-il ceux-ci, René voit une aire violemment éclairée, voit son passeport déposé sur un tapis roulant par un garde-frontière assis dans une guérite, ne le voit pas sortir à la suivante, se voit ouvrir la portière pour se renseigner et vite rembaré par un autre garde, voit une une salade de concombre au goût gris ; regarde-t-il ceux-là, René perambule le long d’une fosse où se prélassent des crocodiles sacrés, il cherche dans le viseur de son camescope le cobra royal qui se tortille à ses pieds, il engoufre le bol de nouilles et siffle un verre de Mekong ; regarde-t-il ces autres, il voit planer le vautour et se faufiler le gecko, il entend le pilon s’abattrre sur la boule plantain et aperçoit l’étron orange sur le sable immaculée ; il feuillète et regarde, il voit et feuillète, il entend et s’endort.