Ils prirent le 812 pour le Monte Pellegrino, si pregare di non disturba il condutente, ils ne le dérangèrent pas, eux-mêmes trop concentrés à éviter de regarder la ville rapetissant tantôt dans leur dos, tantôt devant eux, au gré des lacets ; la mer à droite, à gauche, pour la même raison, il n’en allait pas autrement pour les parois de calcaire ornés à leur base de cactus et que paraissaient vouloir retenir les poteaux électriques de part et d’autre de la route s’élevant à partir de quelle altitude ne fallait-il plus regarder derrière soi? devant eux maintenant une file de voitures en stationnement annonçait les pélerins qu’accueillaient des parasols des auvants blanc rouge à rayures sous lesquels s’agglutinait l’inévitable pléthore de bric à brac multicolore bon marché dont ils s’étaient, eux, saturés, sevrés, dans les dédalles de la vieille ville, et qu’ils laissèrent derrière eux tout comme la chapelle, la grotte, les ex-votos pour continuer vers le promontoire où se dressait une autre statue sans crâne mais tenant un bâton ou une hampe de drapeau et dont le socle barbouillé de graffiti sentait l’urine.