1 mg de Noctamide
suffisait pour interrompre le flux d’images confuses l’occupant
la plus grande partie du temps, c’était l’entracte
pour ainsi dire, que Camille attendait avec impatience, tout en s’efforçant
d’amener l’infirmière à lui apporter le comprimé
le plus tard possible. Surtout depuis le jour où elle vit, ou assista
(Comment dire? ça n’était ni l’un ni l’autre)
à cette scène : Sur un chemin côtier une femme portant
une bassine sur la tête avançait à sa rencontre, suivie
d’une fillette. Cette dernière portait une robe rose, la
partie supérieure de son visage, à partir de la lèvre
supérieure, avait été blanchi au kaolin. Elle s’arrêta
devant Camille, sourit et lui tendit un bout de papier, sur lequel était
inscrit : amasek ohiafokp awoadesa. Camille le déplia
plus tard sur une table, un homme y déposa la pierre pour l'empêcher
de s'envoler et traduit la phrase. Deux versions apparaissaient alors
alternativement sur le papier : A poor man does not eat stone, take care human being. A poor man does not eat stones; take heart, human beings. - Ça n’était pas tout à fait la même chose, tu comprends? |