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Une pichenette et le singe effectuait un tour
complet. Mireille ne s’en lassait pas. Un tour, encore un. Chaque
tour accompli : une merveille, une révolution. Six tours, dix.
L’après-midi passait. Quinze tours. Exercices à la
barre du temps. Chaque tour, se prenait-elle à rêver, représentait
25.000 ans. 375 000, 500 000. Gare à l’avertin. Parfois la
branche se déboîtait... Combien pour dégringoler de
l’arbre? combien pour se remettre du choc? Se redresser lentement.
Acquérir avec patience la maîtrise des membres inférieurs
tout en cherchant de quoi occuper les supérieurs. Ajuster les synapses,
affiner la coordination entre cerveau et mains, les doigts, pour fabriquer
des outils de survie plutôt que de s’en remttre à l’aléatoire,
la bonne occase. Tout ce bouleversement, cet effort transformé
en révolution industrielle par Homo egarster & Cie. Pour en
arriver là : à Mireille, tête posée sur la
paume de sa dextre cependant que la gauche jouait avec la figurine, pour
contenir l’ennui menaçant, et le rompre lorsqu’il s’était
installé. |