Le planétaire intriguait René. L’absence de planètes admettait la proposition suivante, à savoir qu’elles avaient pu, à la suite d’un dérèglement gravitationnel, quitter le système X (rien n’indiquait en effet qu’il s’agisse du notre) suivant la direction indiquée par la flèche, secondée par l’échelle. L’argument scientifique ne pesait pas lourd, René en convenait, mais comment interpréter l’allégorie? La flèche ne connaît qu’un but, celui défini par l’archer au moment du déccochage. L’échelle connaît le haut et le bas. C’est au second que l’on aspire au premier, et à celui-ci que l’on regrette l’autre. Projeter une flèche en traversant un système solaire, le notre en l’occurence, et perçer une à une les planètes qui le composent comme des baudruches, pouvait-il être le but d’un archer? René en connaissait un, statue il est vrai, à qui l’on pouvait prêter un tel dessein. Celle de Jacob pouvait servir d’exemple pour l’échelle, encore que, parvenu à son dernier échelon, par delà le point où écliptique et cercle méridien se croisaient, le grimpeur n’atteignait pas grand chose, voire même rien du tout.