Puisque leur présence dans
la salle à manger ne sera jamais à l’ordre du jour,
et qu’avérée leur utilité en tant que serre-livres,
puisque Camille leur interdisait l’accès à la salle
de bain et n’adhérait pas à l’idée
d‘en garnir la cuisine, René se demanda s’il ne devait
pas les rapporter à leur ex-propriétaire (contre un livre?)
et passer à autre chose. Mireille proposa de les utiliser comme
presse-papiers. Leur légèreté ne s’y prêtait
pas. Lucien envisagea les WC, avec le stryge dans la niche – qu’il
faudrait aggrandir – du rouleau de papier hygiénique, sur
le réservoir, la dévoreuse. L’unique réaction
fut un silence unanime que brisa Camille : à propos, je me demande
ce qu’elle avale. Une âme déchue s’imposa,
encore que René émit vaguement une interprétation
non dénuée d’intérêt. Ne se pouvait-il
pas en effet, que Viollet-le-Duc se soit vengé, symboliquement
s‘entend, des architectes l’ayant précédé
dans sa restauration, ceux qui à ses yeux se jetèrent
pour ainsi dire sur l’édifice, dénaturèrent
à gauche ce qu’ils restauraient à droite, détruisirent
ici, là supprimèrent, coupèrent, rajoutèrent
à un endroit, détériorèrent un autre. Par
manque de compétence on conserva le damné. Pour finir,
Lucien suggéra la fixation des deux figures sur le
balcon pour écarter les importuns. |