Car pour être honnête, Mireille ni René, Lucien ni Camille, n’établissaient un lien véritable, intense, entre eux et ce qu’ils conservaient. Et pour être franc, ils s’estimaient largement servis lorsqu’un souvenir leur revenait à l’esprit, lorsqu’une histoire venait s’échouer à la surface de telle ou telle figurine. L’absence ou la pauvreté d’une „charge“ contenue dans maints d’entre eux provenaient peut-être de leur matière, qui, le plus souvent se soustrayait au vieillissement et s’avérait révêche à toute forme de rêverie, éveillée ou non. Des traces de doigts disaient plus la crasse que la patine. Sans véritable valeur numéraire, la plupart de ces objets laissaient parfois tressauter des émotions, ainsi les grains de pop-corn dans une poêle. Poésie défectueuse, qui n’empêchait nullement les objets d‘exprimer un vide qu’ils ne savaient pas combler, ou alors, seulement, par d’autre objets.