Mieux que d’acheter une pièce
de wax madin Holland à tendre sur un mur ou étaler
en couvre-lit, „kitschounet“ tout de même, avait jugé
Camille. La poignée de terre ramassée sur une route reposa
des années dans une enveloppe. Jusqu’au jour où
René essaya de reconstituer un rêve. D’en bricoler
un modèle plutôt que de l’écrire ou pire,
le dessiner. Il commença par le plus simple: un robinet rempli
de latérite. Viendrait ensuite une falaise, à la base
bourrelée de galets, laissant supposer la mer, mais non, puisque
le paysage est désertique. Au sommet de cette falaise se trouvera
une bâtisse de plein-pied en briques passées au kaolin.
Autour, une vaste étendue recouverte de pierres dont certaines
scintillent. Vue de nuit elle rappellerait sans mal un ciel étoilé.
Un ciel tombé par terre mais ayant conservé son apparence
de ciel. La bâtisse serait composée d’une salle unique
avec en son milieu une rangée de lavabos en zinc surmontés
de robinet d’où s’écoulerait du sable orangé.
Plusieurs personnes imitent des abblutions impossibles. René
en reconnaît certaines. Elles se détournent lorsqu’il
entre. Savait-il où il se trouvait? l’interrogea-t-on.
Il répond par la négative et se reveille. |