Sans vouloir remettre les compétences d’Asteur en question,
je doutai que ses deux ou trois conseils sur l’utilisation d‘un
Voigtländer Avus me facilite la tache. En comparant mon expérience
avec le Brownie à l’accomplissement d’une longueur
piscine à la brasse, cela revenait à prétendre
atteindre les îles Kergelen en crawl. S’élancer cependant
était nécessaire. Plutôt que d’envisager le
troisième étage, j’optai pour le rez-de-chaussée
de la prise de vue avec chambre. Cela supposait le choix d’un
sujet déterminé par la rigueur du hasard plutôt
que par l’inspiration du moment. La méthode se présentait
comme suit :
1) acheter un jeu de lettres.
2) les jeter sur une table et en choisir une les yeux fermés.
3) chercher dans un dictionnaire les pages correspondante à cette
lettre (Nouveau Petit Petit Larousse, 1955, Lettre C, pp 143-263)
4) lancer 3 dés pour déterminer la page où choisir
l’illustration indiquant le sujet à photographier. (résultat
: 1-5-3, les combinaisons 1-3-5, 5-3-1, 5-1-3, 3-1-5 et 3-5-1 n’entrant
pas en ligne de compte pour des raisons évidentes.)
5) si la page contient plusieurs illustrations (dans notre cas, 5 :
canapé – canard – candélabre – cangues
– canif), lancer un dé pour chacune d’elles. Résultat
: 4 – 5 – 1 – 4 – 2. Éliminer les 2 score
les plus faibles, rejeter les dés. Résultat : 1 –
4 – 5. Idem. Résultat : 6 – 4. Va pour le canard
[Extrait du journal de M. Crépon].
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