Sur les murs de la galerie, un cycle de 53 dessins réalisés d’après nature au zoo. Encre et lavis, mine de plomb pour donner la parole aux primates. Avec peut-être l‘intention d’abolir la réclusion, l’artiste avait écarté toute référence aux installations la garantissant était absente. Dans un certain zoo, pensa Camille le verre avait remplacé le barreau, les occupants de ce qui n’en était pas moins une cellule y accomplissaient des taches sans intérêt, sans but véritable, entretenaient leur névrose dans l’écoulement´d’un temps proche de la stagnation, rythmé par le passage des visiteurs qui s’attardaient devant cette captivité transparente, comme le touriste en goguette, comme le frustré désemparé, devant les fenêtres derrière lesqelles une sensualité vidée de son sang s’exposait en vitrine – ainsi le steak sous cellophane dans le comptoir réfrigérant du supermarché –, rejouant l‘un l’encanaillement factice du bourgeois d‘autrefois, l’autre attendant impatiemment le départ du premier. Riche d’une expérience fantasmée, le touriste s’éloignait vers la prochaine ; poursuivi par le dégoût d’avoir dû subir la compassion, le frustré allongeait le pas, cependant que le visiteur se réjouissait de se trouver du bon côté de la vitre, pour vite aller se faire peur au vivarium.