- Ça me rappelle un navet
ta navette... Lacha
René. Assis dans le salon de Lucien, ils picoraient des cacahuètes
et ricardaient. De dos, ils ressemblaient aux colosses de Memnon. Elle
naviguait, continua René, ou volait, ou je ne sais quoi, La quitte
un astronaute motorisé, chevauchant une sorte de scooter et hop.
il récupère en un tour de main professionnel un satellite.,
Aussi facilement que s‘il s´agissait d’une mouche.
Grésillement. Houston en ligne. Rassurés. Et le centre
de contrôle, et le spectateur, celui-ci surtout : tout va bien
donc tout peut empirer. Des images d´archives défilent,
sans doute pour renforcer l´aspect réel, actuel du film,
l´actuel d’alors s’entend. Retour sur terre. Un chauffeur
de taxi brandit un journal dont la première page annonce la réussite
de la mission (cf. le récupérage du satellite) et peste
contre les dépenses astronomiques (excusez le jeu de mots) de
la Nasa, institution prestigieuse certes, mais véritable panier
percé, nid d'hurluberlus matheux surdoués mais jetant
l’argent à gauche et à droite. Une femme le hèle
(le taxi). Une femme? Il accepte cette dernière course. Un malotru
s’accapare le taxi, direction l’aéoroport. Le chauffeur
en profite pour aller chercher son chien chez le vétérinaire,
pour aller voir son fils s’entraînant au football, peut-être
était-ce du base-ball : course de 40 mètres mais n’aboutissant
pas. En alternance, des employés de la Nasa chargent un container
dans une fourgonnette, puis celle-ci roulant, roulant, roule, arrive
au niveau du terrain de football course de 40 mètres du fiston
n’aboutissant pas soudain zigzags fols d’une voiture en
état flagrant d’ivresse ne respecte pas la priorité
route coupée la fourgonnette freine vire s’embarde et retourne.
Le chauffeur de taxi s’élance pour porter secour au conducteur
sonné assis cul par-dessus tête à la place du mort
le dépose hors de la zone de danger car l’explosion de
la fourgonnette est imminente: Les véhicules explosent toujours
dans ces cas là. „Le container! Le container!“ crie
le chauffeur qui a conservé ses esprits et son sens du devoir,
„Sortez le container! La fourgonnette va expl...“ Du mort
il finalement pris l‘état.
- Les véhicules explosent en effet toujours dans ces cas là, intervint Lucien, peut-ête cela relève-t-il d’une loi physique propre au cinéma. - Peut-être. bon, le chauffeur tente d´extirper le container
pris dans la fourgonnette qui explose donc. Exit le chauffeur ou presque.
60% du corps brûlé, au 3ème degré, va pour
le 5ème. „10 cl de morphine et on l’opère
presto!“ – „Il nous crève! Il nous crève!“.
Aparthé : le fils, dont le sprint de 40 mètres s’acheva
sur une déception, une de plus, s´était approché
de la fourgonnette dont l’explosion avait transformé
son père en hot-dog. „Dr Genaway! Dr. Genaway! Il nous...
non, regardez!“ Le Dr. et son équipe se penchent, regardent
et voient : les brûlures se résorbent, disparaissent,
là, devant la caméra, en temps réel. L´impossible
se mue en possible. C’est inoui. Incapable de mentir, honnête
pour deux, le chauffeur ne peut feindre, simuler, dissimuler : il
guérit à vue d’oeil, et se désencomate
d’autant, que la science même en reste bouche bée.
Ce n’est pas son genre d’occuper un lit où il n’a
rien à faire. Aussi se lève-t-il, quitte la chambre
et l’hopital sans demander son reste, rentre chez lui prendre
une bonne douche. Toc-toc-toc. „J’arrive!“. Flash
d’informations relatant l’accident et le miracle de cette
guérison mais alors! On ignore bel et bien l’identité
du miraculé. Toc-toc-toc à nouveau. C’est le fils,
dont la course de 40 mètres n’aboutit qu’à
une défaite de plus qu’il lui fallait bien encaisser.
Il veut vider le frigidaire pour compenser. Le chauffeur sort de la
salle de bain et devant le fait accompli – la vidité
du frigidaire – il sort acheter des hamburgers ou quelques nauséités
du style au drugstore le plus proche. Toc-toc-toc encore : Celui-ci se fait justement braquer. D’un amateurisme déconcertant,
provoqué soit par la peur soit par l’absorbtion de quelque
drogue, le délinquant panique et tire dans le tas, c’est
à dire dans l’unique client : le chauffeur. Pas mauvais
gars dans le fond, il s’excuse. Harry & Larry déboule
fbi-aillement. Le chauffeur, appelons-le Taximan, se relève,
relève sa chemise. La blessure est là où le projectile
a la peau pénétrée. - Des fifrelaines? Quelle bande de blaireaux! Revenons plutôt
à notre héros. Voie ferrée perdue dans le Colorado. Y file un train blindé
bondé de soldats survolé par un essaim d’hélicoptères.
Le mystérieux convois entre en gare, une gare déserte,
enfin façon de parler car elle fourmigrouille de soldats en
armes dans ces cas là ils courent généralement
dans tous les sens cependant qu’ici et là claque des
ordres que personne ne saisit vraiment. Fissa et top secret un container
est embarqué dans un wagon et le train repart ni vu ni connu,
suivi de toute une armada chenillante, volante, pétaradante
etc... Il aborde un tunnel dans lequel il s’engage et Volatilisé? Non. Pulvérisé? Nenni. Détourné sur une voie secrète par les hommes de main de Maotsan le millionnaire fou et californien les millionnaires ont toujours un grain dans ces cas là. Nous pouvons nous poser la question de savoir si les millions ont rendu Maotsan barge ou si une folie antérieur l‘amena à les gagner. Ne possédant aucune données concrètes sur la pathologie de ce personnage, je n`entrerai dans une aucune spéculation. Tous les millionnaires ne sont pas fous, ni tous les fous millionnaires. Toujours est-il que cet affreux des alpages californiens avait détourné le train „top secret“ de l’armée, ce que celle-ci ignore encore mais aimerait bien savoir, forcément. Une fois le problème posé on est à même de l’analyser et dans le meilleur des cas, le résoudre à son avantage, dans les meilleures conditions possibles, ce qui pour les autorités signifiait redevenir propriétaire du T.T.S avant que les journalistes n’entendent parler de l’affaire et déclenchent la panique, et surtout re-rentrer en possession de son contenu, Un container contenant un canon laser dont les capacités destructrices défiaient toute concurence. Mais tant lasère le canon qu’à la fin il chauffe, et justement, comme l’avait prouvé les tests effectués avec ce protoype unique, le système de refroidissement était le point faible de cette arme, son talon d’Achille; en cas de surchauffe le canon explose, se désintègre et adieu. Non seulement au canon mais aussi aux populations, à la faune, la flore – tout le monde. Et pour commencer, les habitants de San Francisco et alentours, l´abject
Maotsan ayant le Golden Gate dans le viseur et menançant de
la rayer de la carte si le gouvernement ne lui versait pas 131 millions
de dollars cash en petites coupures de 1 (son chiffre porte-bonheur)
sur un compte ouvert à cet effet en Suisse qui était
alors (et est encore sans doute aujourd´hui) un pays aux banques
paradisiaques où mêmes les morts avaient un compte. Ce
qu’expliquait Hallowry, un bonze du FBI, à Taximan, en
appuyant, illustrant, raffermissant, renchérissant, matelassant,
aisonnant, consolidant son dire déjà fort pessimiste
en activant une animation 3D dévoilant sans pudeur aucune les
dégâts provoqués par le canon si le kidnapper
s’en servait, ignorant tout du défaut évoqué
plus haut. Et il citait les références dont on se sert
habituellement dans ce genre d’exposé : Hiroshima? Pet
de mouche. Nagasaki? Flatuosité de batracien. Et notez bien
mon cher Taximan, je ne vous montre là que les dégâts
matiériels, je mets de côté les victimes; si notre
canon explosait elles n‘auraient vraiment aucun soucis à
se faire pour leur karma, elles échapperaient définitivement
à toute réincarnation. L’unique bénéfice
d’une telle catastrophe serait de démontrer empiriquement
la possibilité de réduire la matière à
moins que rien, et quand je dis moins que rien je ne dis pas autre
chose. Et vous, in-cre-va-ble phénomène, vous vous sentirez
bien seul alors. Vous m'entendez? Seul. Aussi je vous en conjure,
reprenez à Maotsan ce qui nous appartient. Encore un peu et ils tombaient l’un dans les bras de l’autre et vice-versa, laissant leurs hormones prendre l’avantage sur leur devoir, pour ensuite s’unir et échanger leurs jus respectifs au lieu de joindre leur force et mettre un bâton dans la roue de Maotsan qui tourne, elle. L’ennemi ne dort pas, jamais. La preuve : avant même d’avoir pu aborder les préléminaires prévus par la biologie pour faciliter leurs contorsions, les voilà prisonniers des soldats de Maotsan. Ils sont assez mal attifés, les méchants le sont toujours dans ces cas là : pullover à col roulé, veston foncé, pantalon clair, l’une des pires combinations qui se puisse imaginer sous les étoiles. Et pour enfoncer le clou, un écusson ringard genre Cambridge ou Eton orne leur poche poitrine. Tout cela est fort misérable d’aspect mais en parfaite symbiose avec le repaire importé d’Europe et l’allure gentleman-farmer de Maotsan, un ignare bouffi et barbu phantasmant sur Alexandre le Grand mais n’arrivant pas à la cheville d’un Kim Jong-il, et qui pour se prouver qu’il est véritable tyran, prévoit d’exécuter les deux intrus après leur avoir fait subir mille et une tortures. Première du séminaire sur la psychologie, Mlle Benson
a aussitôt vu à qui elle avait à faire et d´emblée
lui graisse la patte, lui vanille la vanité, l’enrobe
de compliments visant principalement sa connaissance pertinente de
l’histoire et de ceux qui n´hésitent pas à
la faire, glisse à ce titre quelques métaphores napoléoniennes
qui ne ratent pas leur cible, bref, le fait reluire comme une douille
d’obus astiquée au Miror et puis hop, lui annonce dans
la foulée qu’elle passe désormais dans son camp
qui est celui des forts. Ci-fait. Elle vise Taximan, pas du tout content de cette brusque et incompréhensible trahison, sourit et pjjjzzztjuit! Le rayon mortel traverse le chauffeur, embrase une armure XVème qui fond comme fromage au four. Voilà le travail. Furax, Taximan tourne et retourne son pan de chemise brûlée, trouée, foutue. Et considère Mlle Benson comme la dernière des salopes; ses pouvoirs extra-terrestres auraient très bien pu se trouver en stand-by, alors c´eut été la surperbe rôtisserie. Mlle s’en fout. Maotsan s’en contrefout. Les gardes à la robe ridicule n’y comprennent que goutte. On va déjeuner, on déjeune toujours dans ces cas là. Après semblables émotions tout le monde la saute, c’est normal. Entre temps Taximan Jr. s’est espioneusement introduit dans
le château d’importation après avoir déjoué
la surveillance des caméras en les éblouissant au moyen
d’une lampe torche; ce qui ne plait pas du tout au garde préposé
au contrôle des moniteurs, il préfèrerait goinfré
peinard ses zamburgers plutôt que de se triturer les méninges
et relier l’effet dont il est indubitablement le témoin
à une cause qu’il pourrait analyser et rectifier lui-même
ou ce qui est plus vraissemblable, qu’il expliquerait par le
biais d’un rapport concis à son supérieur qui
pourra juger de la situation et définir une réaction
appropriée pouvant résoudre le problème dans
les moindres délais. Pas de commentaire. Sonnerie de parlophone. Maotsan quitte la table.
Taximan en profite pour râfler tous les toasts à portée
de sa main car le repas fut d’un végétarisme dictatorial
et il a encore un petit creux. Et voilà Conquête qui
déboule. C’est la fille unique du futur tyran planétaire
dans ces cas là les millionnaires misenthropes tarés
ont toujours une fille unique, à défaut d’avoir
une épouse. On se demandera bien sûr comment cela peut-il
être; si l´enfant est une fille de la pluie et du beau
temps ou si, l´épouse ayant mis bas, Maotsan s’en
débarassa, pour des raisons que nous ne tenterons pas d’éclaircir
ici. |