Néandertal!
L’académie des sciences le cita plusieurs fois dans ses comptes
rendus, publiés par le Journal Officiel. Au même titre que
la “concurence vitale” de Darwin élargie d’une
“réaction consciencielle”, que la supériorité
de la morphologie crânienne sur l’anthropomorphie pour déterminer
la différence entre l’Arborigène, Néanderthal,
Cro-Magnon et Cie, que l’hypnotisme, la bataille navale d’Ameland
ou la pertinence de l’emploi du yogourt bulgare dans le cadre d‘une
thérapeutique alimentaire. En 1911, l’homme fossile faisait
partie des matières à potasser par les candidats au certificat
d’aptitude à l’enseignement secondaire des jeunes filles.
On comparait là le volume de sa masse cervicale à celle
de l’homme moderne (respectivement 1 230 et 1375 cm³), constatait
que celle du Parisien moyen pouvait atteindre 1555 cm³, cependant
qu’avec son imposant 1900 cm³, celle de Bismark relevait de
l’exeption, pour constater ici, la présence d’un bec
encéphalique. Communications du siècle précédent
qui ravissent l’homme de terrain, surtout lorsque ce dernier est
empilé dans des cartons, et dans le cas d’Asteur, en vertu
d’une ignorance assumée des dates de parution remettant en
cause toute idée de chronologie. L’amateur de surprises y
savourait la promiscuité de thèmes divergents, le penseur
y puissait de quoi étoffer sa mélancholie, l’archéologue
en retirait la confirmation de ses intuitions, tout le monde y trouvait
son compte, chacun se retroussait les manches dans l’attente du
prochain numéro. |