Et ces morts à qui ils rendaient
visite n’étaient pas forcément ceux à qui ils
pensaient ; comme le moine à l’entrée ils (les morts)
servaient de guides, de passeurs. Venus pour rester? ce pouvait être
une question ; une place pour eux? c’en était une autre.
Là, ailleurs, autre part ou ici, justement. Nombreuses les niches
libres. Il suffisait de se placer dans l’une d’elles et attendre.
Si l’on est plus mort qu’on ne le croit, on est rarement aussi
vivant qu’on le prétend. Cette idée d’option
pouvait paraître obscène, et sans doute l’était-elle.
Existait-il des degrés dans l’obscénité? Dans
la vulgarité, vulvarité, pensait FDDC, entendant maintenant
les gloussements et autres pouffades parvenant d’un autre couloir,
oui, oui..., proclamés presque, avec l’assurance qui ne doute
de rien, apanage des crétins. Faisant face à deux greluches
popcornées au regard bovin un homme se trémoussait devant
quatre momies féminines, celles de droite serraient des branches
de palmier, celles de gauche rien, et au-dessus desquelles on pouvait
lire : seguono l'agnello dovunque vada sono vergini dans ce passage
de l’Apocalypse n’est-il pas question d‘hommes, et seulement
d‘hommes ?.... 144.000 pour être précis. 8000 momies
occupaient la Villa Katacumba. Plus de chance d’obtenir une place
là, que sur la montagne de Sion. Devenir le voisin de Rosalia,
ou Diego Velasquez, Bartolomeo Megna il gigante, Silvestro da Gubbio,
Pennino and Lorenzo Marabitti, Manzella,... le couple! FDDC souhaita au
trio exité un lupare bianca puis haussa les épaules,
il avait bien autre chose à entendre : Le "Che pulire il parabrezza?"
lui revenait à l’esprit ; ils étaient venus. Et FDDC
se vit, un bout de flanelle en main, essuyer lentement la vitre du cercueil
de Rosalia. Ce n’était pas difficile, même si désormais
impossible. A la vue du couvercle saturé de graffiti on comprenait
pourquoi. Cappuccini show – très chaud. A tout court-circuiter,
faire sauter les plombs, neutraliser le système d’alarme
pour enfin passer une bonne fois pour toute à travers le miroir
– la vitre remplaçant le couvercle du cercueil? – D’une
carte postale à la réalité, et de celle-ci à
la non-éternité... En naissant, les morts ne pleuraient
pas pour des prunes. Des images. Tendre ou plier la toile. Grossière
et bien abîmée celle empaquetant les hilares aux Cappuccini.
Dépouilles empaillées à tant d’once la momification.
Trophées absurde d’une obscure chasse à court dont
il était facile de deviner qui était le gibier, livrés
volontairement ou non à la ruée du temps, à son indiscrétion,
qui est aussi celle des vivants, cherchant comme ils le peuvent, c’est
à dire mal, à en maquiller les effets sur eux, ébahis
par ceux qu’il obtenait par son travail sur les autres. Etre soi-même
un temps, son temps, son Saturne, se bouffer... Rosalia n’avait
pris elle, que le temps de mourir, avant que cela ne se gâte? Fasciole
qu’un battement d’ailes efface, ou le frottement des sandales
du moine s’approchant, souriant dans sa barbe de quatre jours, se
mouchant bruyament dans la manche de pullover, les invitant à sortir...
esseri viventi volente, morte manent... ou quelque chose dans
le genre. |