Ça non plus, Martine avait fini par ne plus pouvoir le voir. Le pendentif attérit chez Camille. Il fut porté en boucle d’oreille, reposa sur une tablette de la salle de bain, séjourna parmi les couverts, rejoignit des babioles délaissées, fut suspendu à un fil, porté en broche, fixé au frigidaire, à une lampe, égaré. René déboula un jour dans la cuisine en demandant à le voir. Camille constata son absence. Ils se mirent à sa recherche. Firent et refirent son parcours problable dans l’appartement, ce qui signifia mettre celui-ci sans dessus dessous. Ils le découvrirent dans un tiroir où se morfondait des clefs, des boutons, un adapteur HDMI, une cigarette, un préservatif, deux briquets, un timbre, des pièces de monnaie, des tickets de caisse, des écrous, des vis, une mine de style, des cartouches d’encre, la moitié d’une paire de lunette, un couteau suisse, une carte bancaire périmée, un rouleau de chaterton, un échantillon de parfum, un cachet de Tilidin, une pile mignon, des élastiques, une épingle de sûreté, un dé, une clef USB, un bout de métal non identifié, une photo d’identité, une esquille de palourde – passons. René alluma la cigarette et mit Camille au courant :
- Il n’est pas à exclure que l’usage de la dépouille de vautour chez les reines égyptiennes trouve son origine dans certaine cérémonie amahrique, telle que décrite par Michel Leiris, au cours de laquelle les poulets sacrifiés sont préparés de façon a ce que les adeptes puissent s’en coiffer pour danser.
- Ce n’est peut-être qu’une coïncidence.
- Peut-être.