| Ça non plus, Martine
avait fini par ne plus pouvoir le voir. Le pendentif attérit
chez Camille. Il fut porté en boucle d’oreille, reposa
sur une tablette de la salle de bain, séjourna parmi les couverts,
rejoignit des babioles délaissées, fut suspendu à
un fil, porté en broche, fixé au frigidaire, à
une lampe, égaré. René déboula un jour dans
la cuisine en demandant à le voir. Camille constata son absence.
Ils se mirent à sa recherche. Firent et refirent son parcours
problable dans l’appartement, ce qui signifia mettre celui-ci
sans dessus dessous. Ils le découvrirent dans un tiroir où
se morfondait des clefs, des boutons, un adapteur HDMI, une cigarette,
un préservatif, deux briquets, un timbre, des pièces de
monnaie, des tickets de caisse, des écrous, des vis, une mine
de style, des cartouches d’encre, la moitié d’une
paire de lunette, un couteau suisse, une carte bancaire périmée,
un rouleau de chaterton, un échantillon de parfum, un cachet
de Tilidin, une pile mignon, des élastiques, une épingle
de sûreté, un dé, une clef USB, un bout de métal
non identifié, une photo d’identité, une esquille
de palourde – passons. René alluma la cigarette et mit
Camille au courant : |