Ma chère Camille,
La crainte que Bouchard et Pécuvé que ne nous ratent à
l‘aéoroport était sans fondement. Une fois le contrôle
des passeports effectué, Lucien et moi nous retrouvâmes
à la sortie, où ces deux idiots brillèrent par
leur absence. Dehors le soleil brillait, dehors il était permi
de fumer, deux bonnes raisons de sortir. De lourds camions bennes chargés
de la terre d’un chantier croisaient des hordes de taxis, des
bus stoppaient dans lesquels montaient les gens, nul s’en descendait.
Des policiers allaient-venaient en duo. Ils portaient un uniforme noir
et un gilet fluorescent. Ils ressemblaient à des fleurs. Ils
acompplissaient sûrement une tâche précise, mais
s’efforçaient de laisser paraître le contraire, en
vain. Bouchard et Pécuvé étaient aussi peu à
l’extérieur qu’à l’intérieur.
Ils ne pouvaient donc nous manquer. Cela nous porta à l’optimisme,
même s’il avait la fermeté d’un morceau de
sucre dans une tasse de café. Les pauses entre les cigarettes
raccourcissaient, le soleil était de moins en moins convaincu
de la nécessité de sa présence. Quand il fit vraiment
sombre, nous gagnâmes nos hôtels respectifs (je te passe
les détails). De même qu’ils nous avaient posé
un lapin à Chopin (le nom de l’aéoroport), ces plaisantins
ont trouvé moyen de nous réserver des chambres dans deux
hôtels différents. Le mien s’appelle Atos, Portos
celui de Lucien. Aramis ne manque pas non plus, bien sûr. De d’Artagnan
aucune trace. Ces bâtiments sont assurément des premiers
prix d’architecture communiste : c’est long, c’est
haut, cela forme un parallépipède massif. À l’instar
des 3 mousquetaires, la ville est combative. Son blason d’ailleurs
est illustré par la Syrenka que je t’envoie. De mon septième
étage je n‘aperçois malheureusement pas l’original,
qui se dresse sur la place du marché dans l’ancienne ville,
soit à environ 7 kilomètres. La prochaine
étape est plus longue, mais quand même...
Je t'embrasse,
ton René.