Des années durant Salomo conserva ses tickets de transports avec l’intention, dans sa vieillesse, d’en déchiffrer les codes de façon à recréer les déplacements effectués au cours de sa vie. S’il se souvenait du trajet correspondant à celui-ci, certains présentaient des lacunes difficiles à combler, d’autres des dommages irréversibles défiant toute lecture ; le plus grand nombre évoquaient plus des voyages fantômes que des destinations avérées. L’irruption de la carte orange mélangea les siennes de telle façon qu’il renonça à jouer, l’oubli après tout, n’était pas fait pour les chiens.